La restauration du mobilier

Les chefs-d'oeuvre dans le mobilier sont assez nombreux, souvent connus pour leur aspect esthétique mais moins pour leur aspect technique. Citons comme exemples, les cabinets de curiosité du 17ème siècle avec leur multitudes de secrets. Au 18ème siècle c'est l'apogée des meubles à transformations avec entre autres Oeben, Riesener lorsqu'ils créent le bureau du roi conservé au château de Versailles. Le 19ème siècle est un moment de perfection dans les arts décoratifs: l'ébéniste Dielh a fait un bijoutier avec des contre-poids pour l'ouverture des portes. Mansion, ébéniste de l'Empereur, quant à lui a fait une commode et un secrétaire avec compartiments secrets. L'ébéniste Socci a fait en 1807, deux bureaux très étonnants, dont un serait le bureau de voyage de Napoléon 1er, copié en deux exemplaires en 1820. L'une de ces copies est arrivée au Musée du Louvre par donation en 2005, et les ateliers de restauration de mobilier du C2RMF l'ont pris en charge.

Le bureau mécanique de Socci

Le bureau fait partie des écritoires convertibles, qui refermés ressemblent à une commode de forme ovale. Sur l'avant est dissimulée une chaise que l'on peut sortir, tandis que le dessus se divise et s'ouvre latéralement, et qu'une section abritant plumes et papiers s'élève au centre.

La modélisation 3D

La modélisation avec le logiciel Inventor3D d'Autodesk® a permis de mieux comprendre le fonctionnement du mécanisme interne du bureau, puis d'analyser les problématiques et enfin de les résoudre virtuellement, en ouvrant l'angle du compas de 2,5 degrés puis en le déplaçant de deux centimètres sur l'arrière. Différentes vues et planches de détails sont réalisables. Grâce à la simulation, le bureau peut être manipulé sans aucun risque, ce qui est une nouveauté pour les arts décoratifs.



D'autres mobiliers sont en cours de modélisation, une armoire et un cabinet d'André Charles Boulle.